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Jour après jour
 
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 Jour 4 : Pokhara -> Jomsom -> Kagbeni


>> Autre grand moment d'impatience puisque qu'aujourd'hui c'est le départ en avion pour Jomsom (aussi appelé Jomosom) et le début du trek... C'est quand même pour la marche et découvrir les villages de montagne que nous sommes venus au Népal, d'où une certaine excitation. Nous avons revêtu nos tenus de randonneur, nous somme prêts, plus que prêts. Debout 6h00 et petit-déjeuner copieux : omelette, pain + confiture, thé.
Nous emportons chacun un sac avec le nécessaire pour le trek de 7 jours, le reste est laissé à l'hôtel où nous repasserons avant de partir pour le Téraï (sud du pays).


>> A l'aéroport de Pokhara, magnifique vue sur les Annapurnas enfin dégagés. Une terrasse permet de profiter du panorama en attendant le vol assuré par la compagnie Gorkha Airlines. Les agents de contrôle font du zèle : sacs fouillés et, en ce qui me concerne, même le portefeuille. Pire que sur les grandes compagnies internationales. Sauf que des couverts de rando en inox (couteau, fourchette...) oubliés dans une poche du sac à dos passent sans problème... Vol superbe, l'avion frôle les flancs des montagnes : n'imaginons même pas ce qui pourrait se passer en cas de gros écart. Au départ de Pokhara, les paysages étaient verts. Plus on approche de Jomsom (2713m), plus l'aridité s'impose. L'arrivée sur le village est mouvementée, les vents sont forts. Pour bouger, ça bouge, l'avion devient un grand manège ! Le vol est bref, une quinzaine de minutes. La piste est très courte, l'atterrissage se passe bien, ouf... Récupération des bagages : pas de tapis roulant, c'est le personnel de l'aéroport qui les distribue. Le mien a vite été repéré, le réveil matin sonne !!!


>> Quelques formalités à accomplir auprès des autorités locales : tampon du "District Police Office" sur le permis d'accès dans la parc national des Annapurnas puis arrêt du guide au "TRC Checkpost" pour un autre tampon, cette-fois-ci pour la très controversée TRC (Trekking Registration Certificate). Et voili et voilà, nous sommes prêts pour le début de notre marche à 9h05 heure locale. Notez la grande précision dont je fais preuve, normal pour cet instant quasi-historique. A nous Jomsom, à nous les grands espaces !

>> Nous traversons le village de Jomsom en direction de Kagbeni. Nous avons plusieurs jours de marches devant nous et le temps de découvrir ce nouvel environnement mais on ne peut s'empêcher de s'arrêter à tout bout de champ : première vision du Dhaulagiri (8172m), les maisons de pierre avec du bois de chauffe sur les toits, les caravanes de mules, les gens qui lavent leur linge dans la rivière, les incroyables performances des porteurs de bric et de brac.

>> Nous quittons le chemin pour marcher dans le lit de la rivière Kali Gandaki. Nous sommes maintenant dans la vallée la plus profonde du monde... C'est surprenant le trafic "mulier" que l'on y trouve ! Quelques rares randonneurs. La marche est aisée malgré les cailloux, le terrain est plat. Le soleil tape fort, il fait bon. Le vent est présent, de dos donc peu gênant, et de force moyenne. On nous avait dit qu'il ventait toujours très fort à Jomsom, serait-ce donc faux ? En réalité, le vent devient fort en fin de matinée ou début d'après-midi comme nous aurons l'occasion de le vérifier + tard... Deux cavaliers à dos de mule nous dépassent histoire de nous épater et reprennent leur allure modérée 50m devant nous. Ils rigolent. Je crois que l'air du Népal est particulier, il doit contenir un gaz de "bon humeur" tant les gens sont sympathiques dans ce pays.


>> Nous arrivons à Eklibatthi, un enfant s'amuse de nous voir le prendre en photo. C'est un peu la star, moi le paparazzi. C'est déjà l'heure de la pause déjeuner, notre guide choisi le "restaurant". On mange en fait sur le bord de la "chaussée" : pas gênant, très peu de passage. L'accueil est sympathique, toute la famille du restaurateur est autour de nous et grâce à Rajesh nous pouvons converser un peu avec nos hôtes. Surprenant aussi le menu : le choix est relativement vaste. Momos, Spaghettis, Burritos... Je tente ces dernières, énoooormes ! On comprend mieux ce que porte les mules (mdr/lol). Rajesh et Bikash prendrons, comme à chaque repas durant notre trek, un imposant Dal Bath.


>> Après cet excellent et copieux repas, je ferais bien une petite sieste. Pas possible monsieur le guide ? Nous repartons repus et le coeur plein d'entrain. Nous quittons le lit de la rivière pour prendre le chemin de pierre et de terre qui la domine. L'ancienne route du sel entre Tibet et Inde se trouvait le long de cette rivière de Kali Gandaki, peut-être sur ce même sentier ? Quelques motos pas du tout adaptées à ce terrain viennent troubler notre marche. Nous rejoignons Bikash parti avant nous après le repas de midi, échangeons quelques signes et paroles puis, au posé de sacs suivant, le laissons reprendre son souffle tandis que nous continuons. Il en sera ainsi durant tout le trek : Rajesh sera constamment avec nous mais Bikash marchera à son rythme, rapide mais avec plus de pauses que nous en raison de sa lourde charge. Tous les 2 feront l'intégralité du trek en baskets.

>> Nous arrivons à Kagbeni en début d'après-midi. La marche a été courte. Découverte du lodge "Shangri-La", très correct et en tout cas beaucoup mieux que ce que l'on avait imaginé, mais pas d'eau chaude. Un peu de repos puis nous partons à la découverte du village via un labyrinthe de ruelles. La température a déjà diminué, veste ou pull de rigueur pour la balade. On peut visiter un petit monastère, payant (100 roupies). Au delà du village, vers le nord, se trouve le Mustang. L'accès nécessite un permis de trekking spécial, des panneaux le signale et quelques militaires contrôlent l'accès. On trouve aussi des moulins à prières. Le village se trouve au pied du "Thorong La", col de 5416m franchi par ceux qui font le trek du "Tour des Annapurnas".


>> Douche à l'eau froide avant le repas et gros polaire de rigueur. La t° a fortement diminuée, il fait frisquet. Il faut penser aussi à boire. On peut facilement acheter des bouteilles d'eau (lodge, boutiques dans les villages) et nous avons aussi des pastilles de MicroPur pour l'eau du robinet ou l'eau prise aux fontaines. Nous allons dans la salle à manger pour le repas (19h00). La table est recouverte d'une lourde nappe qui descend pratiquement jusqu'au sol et sous la nappe se trouve le bonheur : des cendres incandescentes diffusent sur les pieds des festoyeurs leur bienfaisante chaleur ! Pour chauffer, ça chauffe. Il y a peu de monde, 2 couples. Après le repas, partie de UNO ! Un des couples, français, se joint à nous : quelle bonne idée que d'avoir emmené ce jeu de cartes avec nous !! Le couple arrive du "Thorong La", sans guide ni porteur et sans avoir rencontré de difficultés particulières. Il y a régulièrement, des coupures d'éléctricité dans le lodge : lampes torches ou frontales obligatoires !
   
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 Jour 5 : Kagbeni -> Marpha


>> Debout 6h15, petit-déjeuner (thé...) et départ 7h30. Il a gelé cette nuit. Nous n'avons pas eu froid, merci les duvets. En revanche, petit rhume, sans doute la suite de la douche froide d'hier soir : j'ai fait l'erreur de me laver la tête qui est restée mouillée une bonne partie de la soirée malgré le bonnet. Départ bien habillé. La patronne du lodge nous met un foulard jaune autour du cou et après les remerciements d'usage, c'est reparti. Une partie de la vallée est encore dans l'ombre, la lumière sur les montagnes est magnifique. Dans ce monde minéral, les habitants sont des géants de pierre de 7000 à + de 8000m. C'est l'heure de l'éveil. Un peu plus tard nous entendons des explosions, des bruits d'éboulis et voyons des ouvriers : une route est en construction :-(. Peut-être que d'ici quelques années, des touristes viendront à Kagbeni en bus depuis Jomsom, village déservi par un aéroport. Le tourisme ne sera plus le même : adieu randonneurs, place au tourisme de masse. Les népalais y gagneront sans doute en confort et en niveau de vie, à condition que ce ne soient pas les voyagistes qui raflent tout. On m'a même parlé d'un projet de route reliant l'Inde à la Chine via le Népal. Par quelle itinéraire, mystère. Info ou intox ?

>> Nous refaisons la route vers Jomsom, cette fois sans incursion dans le lit de la rivière sauf à l'approche de Jomsom. Rajesh nous montre des fossiles : on en trouve très facilement dans le lit de la rivière. Beaucoup de troupeaux de chèvres ce matin. Je me demande bien ce qu'elles peuvent trouver à manger par ici tant c'est désertique.

>> Nous nous arrêtons pour photographier des moulins à prières alignés le long du chemin, arrivons aux premières maisons de Jomsom : c'est la fête au village ! Un mariage ! Vive la mariée ! De la musique, des danseurs, nous faisons une petite halte pour regarder. Nous continuons la traversée de Jomsom que je trouve malgré tout bien fade par rapport à Kagbeni. Nous faisons une pause thé + gâteaux apéritifs dans un lodge tenu par un couple d'allemand. Pas très couleur locale tout ça... Repassage au point de contrôle TRC. Nous reprenons notre route en direction de Marpha, je donne des barres de céréales à Bikash comme pratiquement tous les jours. A chaque fois, j'ai un large sourire en récompense, il semble apprécier ce geste bien modeste. Il n'a rien pour se requinquer en cas de coup de fatigue ou d'hypoglycémie.

>> Le vent devient très fort, les rafales soulèvent systématiquement des nuages de poussières. On marche de travers, un peu comme des crabes ! Nous comprenons pourquoi le trafic aérien est arrêté sur Jomsom passé une certaine heure. Se succèdent de petites portes à l'entrée des villages, portes parfois joliments décorées, et des mini-stupas, des moulins à prières, des caravanes de mules.


>> Arrivée à Marpha pour le repas de midi ; la chambre est super. Thé pour se désaltérer et petits gâteaux. On peut monter sur une terrasse qui domine le village et où sèche du maïs. Des panneaux solaires thermiques réchauffent l'eau : ce sont de simples vitres derrières lesquelles passent des tuyaux d'eau. Suffisant pour avoir de l'eau tiède. Consigne : prendre la douche avant la nuit ou que le ciel se couvre ! Le village est magnifique et animé : nombreuses ruelles propres avec de superbes portes en bois, des boutiques, du passage dans la rue principale et enfin un joli petit monastère (ouvert à partir de 16h00) accessible par des marches bordées des habituels moulins à prières. Vient à 18h30 le repas du soir et la partie de Uno. Et R&B veillent : si jamais on oublie la partie, c'est le rappel à l'ordre !

   
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 Jour 6 : Marpha -> Lete


>> Comme d'hab', lever à 6h15 pour un départ à 7h30. Le soleil commence tout juste à illuminer les montagnes, à les allumer comme on le ferait avec des bougies géantes. La flamme est de neige, la lumière est de feu. C'est un spectacle étrange et quasi fascinant. Près de Marpha, visite d'une fabrique artisanale d'alcool de pomme et d'abricot. Difficile de faire + artisanal d'ailleurs ! On peut acheter des bouteilles de tous formats. Pour les bouteilles, c'est du recyclage à la népalaise : coca-cola, etc. Les pommes de Marpha sont par ailleurs excellentes, très "gouteuses" et on en trouve en vente sur le bord du chemin et dans les villages de la vallée.

>> Les paysages sont grandioses : largeur et austérité de la vallée de Kali Gandaki, neige sur les sommets. Toujours des caravanes de mules ; on rencontre maintenant davantage de touristes que du côté de Kagbeni. Pause thé à Tukuche. La marche est sans difficulté et agréable. Le paysage a changé durant cette journée : la verdure a pris le dessus sur la roche, la vallée est moins large. On peut voir de nombreuses passerelles. Nous en empruntons certaines, elles sont larges et rassurantes mais quand on a le vertige, elles ne le sont pas assez !  La première que l'on traverse marque pour nous la fin de la marche au fond de la vallée aride.


>> Nous rencontrons des porteurs assez incroyables qui portent des charges ahurissantes. Je n'ose pas trop prendre ces "exploits" en photos : je me mets à la place de ces gens qui voient débarquer des touristes et qui sont "mitraillés"... Donc je manque de magnifiques photos, notamment une "porteuse" qui marche avec son bébé dans les bras, mais ce n'est pas grave, respect oblige.

>> A 11h30, c'est déjà l'arrivée à Lete et le déjeuner ("potatoes fried"). La chambre est rustique et la douche (payante) se fait avec une bassine d'eau chaude. Après le repas, balade rapide dans le village qui n'a aucun charme particulier. Le soir, arrivée d'un important et bruyant groupe de randonneurs. Pas de chance, les chambres sont mals isolées, on entend tout. Re-malchance, notre chambre est en face des WC et du lavabo, défilé incessant de personnes. Qu'il était bien notre premier lodge à Kagbeni !

>> Repas du soir sans R&B qui ont mangé avec les nombreux guides et porteurs présents ce soir, ceux du groupe de randonneurs. Après le repas, ambiance népalaise : les porteurs sortent leurs tambours népalais qu'ils transportent en + des sacs et autres bagages... Faut vraiment aimer la musique pour se surcharger avec des instruments ! Puis dès les premières notes, les porteurs et guides dansent . Apparemment, la danse népalaise est très "chaloupées" (ça balançe pas mal). De notre côté, traditionnelle partie de cartes avec R&B et cette fois-ci le renfort d'un couple de français. Tout cela en bénéficiant de l'ambiance musicale. Bientôt, on devient à notre tour un peu l'attraction du lodge avec des népalais qui viennent voir ces cartes inhabituelles et soutenir leurs compatriotes.

   
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 Jour 7 : Lete -> Tatopani


>> Mêmes horaires de départ que d'habitude. Mal dormi, frissons, fièvre, immodium. La journée commence mal. Mais les paysages toujours aussi épatants avec le soleil qui pointe me motive pour la journée. On descend, heureusement que la journée n'est pas raide. Mais ce sera pour mieux remonter demain mon enfant... Enormément de mules sur le parcours, avec même des embouteillages lors des croisement sur les sentiers ! Parfois, les muletiers sont loins. Difficile à croire mais les mules ont une sorte de code de la route : le passage n'est jamais forcé, la mule engagée à priorité, les autres attendent !


>> Pause déjeuner dans un endroit bien sympathique, près d'une cascade. Pour la cuisine, le guide va donner un coup de main. Tout est préparé à la commande, même les chapatis ! Une infusion menthe ? Cueillette en direct des feuilles de menthe et eau chaude. Sur la route qui mène à Tatopani, on trouve de + en + de cultures et de personnes travaillant dans les champs. Arrivée au village, descente en bordure de rivière pour voir les sources chaudes prises d'assaut par tous : guides, villageois, touristes. Le soir, thé/infusion et encore infusion pour éviter la déshydratation.

   
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 Jour 8 : Tatopani -> Ghorepani


>> La nuit a été difficile : la diarrhée ne s'arrange pas, bien au contraire. Elle me poursuivra jusqu'à la fin du séjour et même au delà ! Heureusement, nous ne sommes pas loin des toilettes ! En +, un gros rongeur s'est invité dans la chambre pendant la nuit obligeant à bien fermer les sacs. Le sacripant s'échappe dès que l'on se lève et vient fouiner dès le calme revenu. Et la journée s'annonce épuisante, 1770m de dénivelé positive et 100m en négative... +1670m dans la journée !!! Dur, dur. Courage. Le guide voulait au début du trek découper cette étape en 2 parties, avec une nuit à mi-chemin à Shika. Une bonne idée mais ce n'était pas possible, planning trop serré. Et puis, cette journée c'est notre petit défi sur ce trek globalement facile.

 >> Le guide nous prévient, la journée sera longue. Nous partons, ça va un peu mieux en ce qui me concerne. Le petit-déjeuner a été profitable. Déjà des mules sur le chemin. Des porteurs chantent en népalais, des enfants vendent des fruits sur le chemin, surtout au sommet des incessantes montées. Pour redonner des forces, les clémentines sont excellentes et juteuses à souhait. C'est toujours l'occasion d'un sourire. Des marches, encore des marches. Le rythme est assez soutenu. Il y a pas mal de marcheurs, à chacun son allure : rapide avec beaucoup de pauses, lent sans pause... Les porteurs sont toujours impressionnants : très chargés et pourtant rapides. On marche un peu + vite qu'eux mais on est 4 ou 5 fois moins chargé ! Comment font-ils ? En voilà  même un qui a dans son panier en osier.. une personne agée ! Et pourtant, il marche d'un bon pas.


>> La pause déjeuner est bienvenue, je prends un DalBath, essentiellement le riz. Je n'en viens pas à bout, ces plats sont + que copieux. Mes compères népalais finissent le leur et le mien ! Serait-ce le secret de la bonne forme ? C'est certain maintenant, riz et pâtes sont le carburant des marcheurs ! Rajesh me casse le moral : on a fait le + facile, maintenant ça va monter... Message compris, faut y aller à la motivation. C'est reparti mon kiki. Ca devient dur, on marche un peu comme un robot. Heureusement, on a toujours nos approvisionneurs en fruits et les paysages en terrasses. Du maïs pend des balcons et fini de sécher.  Les pauses se multiplient, souvent à l'initiative du guide qui veut sans doute nous ménager. Nous suivons des femmes qui vont au village et Rajesh échange des paroles avec elle. On a un peu l'impression d'assister à une drague népalaise ! Pendant que R. se sent pousser des ailes, nous sommes concentrés sur les marches et notre marche vers Ghorepani..


>> La montée est longue, très longue. Elle n'en finie pas ! On avait entendu parlé des marches népalaises, nous les avons trouvées. Une sorte de complicité entre les marcheurs, touristes, porteurs ou guides s'instaure : regards, petits mots. Heureusement, l'altitude aidant la t° est surportable, presque fraîche sur la fin mais ça fait du bien. Dernière montée et c'est la délivrance. Pourvu que le lodge ne soit pas trop loin !  Nous y voici, que c'est bon de s'asseoir et de prendre un thé. Je me méfie du thé : je le soupçonne d'être à l'origine de mes problèmes digestifs. Il est très bon mais comment s'assurer que l'eau soit bien bouillie ? On a beau demander en anglais ou par Rajesh, il est souvent chaud, pas bouillant... Un poêle trône au centre de la pièce, un seul autre touriste dans le lodge. R repart pour aider B à finir la montée. Esprit de solidarité. Il sera de retour un peu plus tard avec un de nos 2 sacs. B semble effectivement éprouvé, on le serait à moins.

>> Douche et petit tour dans le village, avec cette fois-ci des vêtements chauds. Nous utilisons les fils à linge positionnés de part et d'autre du poêle, bien pratique. La fatigue est bien là. Le village est assez animé, quelques boutiques vendent des vêtements, des cartes postales et autres babioles. On trouve de jolis bonnets népalais, ;"style" péruvien : ils sont mieux et moins chers qu'à KTM. On trouve également des vendeurs avec des étales présentant des figurines (déesses, etc).

>> Le repas est pris en même temps que celui de la famille du lodge puis nous squattons autour du poêle, bien appréciable vu la t° extérieure bien fraîche. Le brouillard s'est invité sur Ghorepani, l'atmosphère est humide. La soirée est courte, demain nous devrons nous lever à 4h45 pour monter à Poon Hill (3200m) assister au lever du soleil sur la chaîne des Annapurnas.

   
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 Jour 9 : Ghorepani -> Poon Hill (3200m) -> Tikhedhunga


>> Debout à 4h45 comme prévu, motivé en plus. A la sortie du lodge, situé au pied du début de la montée, d'autres randonneurs. Les torches et frontales sont de sortie. Bikash nous accompagne, il aurait pu se reposer un peu en prévision de la journée de marche. Mais voilà, il nous explique qu'il adore Poon Hill, ce qui ne fait que nous motiver encore + pour y aller. Début de la montée le ventre vide, juste une barre de céréale pour éviter la fringale. Le petit-déjeuner sera pris sur le retour, avant de partir vers Tikhedunga. Poon Hill et sa vue sur les Annapurnas : passage obligé quand on vient à Ghorepani, quasiment un lieu de pélerinage pour randonneurs. Pendant la montée, on repère des lumières devant, derrière, on entend les uns parler, les autres rigoler voir chanter. Le rythme est soutenu, l'impatience sans doute et la crainte d'arriver trop tard, une fois le soleil levé. D'ailleurs, on entend régulièrement des "on a le temps ?" (pour les impatients) ou encore "on est bientôt arrivé ?" (pour les fatigués). Certains s'arrêtent un peu avant le sommet pour se trouver un coin isolé. Pour la plupart, c'est rendez-vous au sommet de la colline, sommet que l'on atteint bien avant le lever du soleil.

>> Surprise : une petite case tenue par des népalais distribue du café et du thé. C'est un peu surréaliste : brouillard, tour d'observation, petits bancs pour s'asseoir... Ces bancs sont gelés, nous sommes collés dessus (au sens propre du terme), il fait froid. C'est la file d'attente pour le café ! Le brouillard est bien présent nous faisant craindre de râter ce pour quoi nous sommes là : le lever de soleil sur les montagnes. L'attente est longue, nous sommes transis de froid. La perspective d'être monté pour rien fini de nous statufier. Enfin la nuit s'éclaircie, réveillant tout ce petit monde de randonneurs somnolents, nous y compris.

>> C'est l'agitation qui régne maintenant sur Poon Hill, contrastant avec la torpeur feutrée d'il y a quelques minutes. Le brouillard quant à lui joue à cache cache avec nous, avec nos nerfs. Je monte rapidement au sommet de la tour, il y a de la place pour tout le monde. Les montagnes s'éveillent, il arrive le dieu soleil. Une vague de lumière envahie les sommets puis c'est toute la chaîne montagneuse qui se pare d'un manteau doré. Le brouillard fait des passages éclairs, donnant aux nuages un aspect féérique. Finalement, ce brouillard ajoute à l'ambiance : spectacle de jeux de lumières orchestré par Dame Nature. Très vite, l'aurore laisse place au jour, le spectacle est différent mais non moins impressionnant. Les reliefs jusqu'alors attenués apparaissent maintenant grandioses et en impose. Rien à dire, tout à contempler.


>> Il est désormais temps de retourner au lodge. La montée avait été rapide sans halte, la descente est entrecoupée de multiples "arrêts pour contemplation", voire d'arrêts photos. Nous croisons des retardataires qui montent au sommet : lever de soleil râté mais la vue vaut quand même la montée, d'autant que le brouillard a disparu découvrant l'ensemble du massif. Le petit-déjeuner au lodge est bienvenu : chapati + thé noir. Le départ en direction de notre prochaine étape se fait à 8h55.

>> La descente est raide et se fait par des marches népalaises. Dur, dur pour les genoux.... Nous traversons par moment des forêts de rhododendrons qui fleurissent les montagnes en mars/avril. Ces mêmes forêts qui abritent apparemment un nombre phénoménal de sangsues pendant la mousson. A la sortie d'un village, nous passons sous quelques beaux spécimens d'araignées (bleues-noires, pas souhaité en savoir plus), posées sur des toiles tendues entre les arbres ou encore entre des fils électriques. J'espère qu'elles ne pratiquent pas la chute libre... Nous trouvons des terrassements, croisons quelques vaches et toujours notre lot de porteurs surchargés et de caravanes de mules. Passage à Ulleri pour arrivée à Tikhedungha et déjeuner au lodge où nous allons passer la nuit.


>> Repas : "patatoes fries style" (patates en robe de chambre) et crumble aux pommes. Douche avec un seau d'eau chaude et une écuelle. Chambre avec vue sur la cuisine. Pas d'électricité dans le lodge suite à des inondations qui ont emportées les poteaux électriques. Les parties de cartes se font avec un éclairage de lampes à pétrole et avec la frontale de Rajesh. Lequel "pique" la meilleure place à B, caste supérieure oblige ? Le soir, mes ennuis digestifs sont toujours de la partie, 5 immodium par jour n'y font pas grand chose...
   
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 Jour 10 : Tikhedhunga -> Nayapul -> Pokhara


>> Ce matin, reprise du rythme grasse matinée avec un lever à 6h45, départ 8h05. Appréciable après une nuit un peu difficile...
Petit au revoir à la famille du lodge en partant. Dernier jour de marche, entre regret que ça se termine déjà et envie de voir le Parc National de Chitwan après-demain. On passe devant un poste de maoïstes et on réussi à ne pas payer : notre guide s'est bien débrouillé en indiquant que l'on faisait partie d'un groupe de randonneurs juste devant nous qui eux ont payé ! Nous trouvons maintenant de nombreux petits villages animés et de nombreuses cultures, plus rien à voir avec les paysages de Kagbeni. L'influence de la route par les facilités d'échanges qu'elle offre est manifeste : même s'il faut encore marcher pour l'atteindre, les habitants ont une ouverture sur le reste du pays, en tout cas pour ceux qui peuvent se payer le prix du transport.


>> Nous arrivons (10h50) maintenant sur la route et attendons sur un banc, devant un petit stand qui vend de tout (alimentation, souvenirs...). Après quelques minutes, nous embarquons (11h10) dans un bus local à destination de Pokhara. Une nouvelle aventure commence, celle du trajet en bus local au milieu (ce n'est pas qu'une image !) de la circulation népalaise. Le parcours est tourmenté offrant de belles vues, le confort est rudimentaire. Les croisements entres véhicules se font au millimètre, le klaxon fonctionne à tout bout de champ. C'est un aperçu de ce que l'on aura à subir pour aller de Pokhara à Chitwan.

>> Arrivé indemne à Pokhara, le temps est couvert. Nous déposons nos affaires dans le même hôtel que lors de notre premier passage dans la ville. Cette fois-ci, un car complet d'indiens vient d'arriver, il y a foule. Dépose des affaires puis balade dans Pokhara : nombreuses boutiques de souvenirs, nombreux restaurants et boutiques de jus de fruits frais, vente de CD de musique népalaise ou tibetaine... La rue où nous nous promenons est animée et touristique. Nous achetons des fruits (bananes + mandarines) à un vendeur de fruits à vélo que l'on retrouvera le lendemain matin au départ du bus. Resto puis l'incontournable partie de cartes. C'est le dernier soir en compagnie de nos 2 amis. Pour l'occasion, grand match Népal-France de Uno, entouré par des supporters locaux. Nous partons avec un désavantage, aucun supporter de notre côté ! Chaque partie donne lieu à un cumul de points, le premier à avoir franchi un total défini à l'avance l'emporte. La bataille est rude, l'adversaire est coriace, les supporters mettent la pression... Dans la dernière manche, nous "grillons" nos hôtes pour l'emporter, l'honneur de la France est sauf :-). Dodo après avoir laisser une petite somme d'argent à R et à B. pour les remercier de leur travail, de leur disponibilité et surtout de leur sympathie.
   
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